La reine Décosse !
Par Florian Egly, 01-08-2012
Médaille d’argent à Pékin, Lucie Décosse a conquis l’or aux Jeux olympiques de Londres en – 70 kg. Le seul titre qui manquait au palmarès d’une immense championne. La cinquième médaille d'or pour la délégation française.
Les larmes de Pékin ne coulent plus. Laissent place à des larmes d’un bonheur insondable. Lucie Décosse, passée si proche du sacre il y a quatre ans, a enfin décroché le Graal à Londres. Apothéose d’une domination mondiale sans partage, d’une immense carrière. «Il y a des athlètes qui disent : «Je veux être champion olympique.» Ils le sentent, se voient gagner. Alors, j’y crois, parce qu’à Pékin, je fais une belle finale. Parce que depuis, je suis devenue la numéro un dans une autre catégorie. Si je ne décroche pas le titre, je serai forcément déçue», nous confiait la judokate née à Chaumont avant la compétition.
Une journée parfaite
En argent à Pékin en – 63 kg, elle avait avalé sa déception en se lançant un nouveau défi : monter en – 70 kg, tourner le dos à ces imposants sacrifices pour arriver au poids requis. La mutation fut couronnée d’un succès quasi immédiat. La Française se présentait à Londres avec l’étiquette de double championne du monde en titre (2010, 2011). De grande favorite. Comme à Pékin. Comme Gévrise Emane hier, qui dut se contenter du bronze. «Quand j’ai vu la journée de Gévrise, je me suis dit : faut se lâcher». Ce qu’elle a fait. Elle qui malgré son palmarès, la crainte qu’elle impose à ses adversaires, est couramment sujette à l’angoisse. Un ippon dès le premier combat face à la Canadienne Kelita Zupancic lança brillamment une journée idéale. Elle se poursuivit par un nouveau pion en quarts (contre la Colombienne Yuri Alvear) après seulement neuf secondes de combat (!), une demi-finale maîtrisée face à la Sud-Coréenne (Ye-Sul Hwang).
Restait la finale. L’écueil qu’elle fut incapable de passer il y a quatre ans. Un cauchemar qui la hante parfois. Elle l’effaça d’une manière magistrale, manquant d’un rien d’infliger une immobilisation à l’Allemande Kerstin Thiele, qu’elle domina largement (un waza-ari et deux yukos) au décompte des cinq minutes. Sous les yeux d’un public français venu nombreux la soutenir, la Française, 31 ans le 6 août prochain, pouvait alors laisser éclater sa joie. «Je n’y crois pas ! Je ne voulais pas me mettre la pression, je ne voulais pas me dire que c’étaient les Jeux olympiques. La journée s’est super bien passée. Je n’ai jamais été mise en danger. Je me suis tellement entraînée pour ça. J’ai un sentiment très bizarre : ça y est !». La sensation tout simplement de l’accomplissement d’une carrière, d’une vie.
Les JO 2012 en images :








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