Combattants, en garde !
Par Laurence Schreiner, 27-07-2012
Plus grand pourvoyeur de médailles, l’escrime française avance avec une modestie absente du judo, où l’exigence est d’or.
De l’un de nos envoyés spéciaux à Londres
Son passé est riche. Avec 115 médailles sur les 644 engrangées depuis 1896 par la France, l’escrime reste le sport numéro un. Qui ne peut se permettre de verser dans la nostalgie. Elle n’en a pas les moyens sur ces Jeux de Londres, où elle a débarqué avec le masque de l’outsider. Pas de leader incontestable sur la piste. Même Laura Flessel n’a plus remporté de médaille au niveau mondial depuis 2006. «Les Jeux ne sont pas pour les favoris, mais pour les audacieux», martèle Eric Srecki, l’ancien double champion olympique devenu DTN qui vise trois médailles, une de moins qu’à Pékin. Avis aux opportunistes. À commencer ce samedi, par les dames du fleuret.
Le vilain petit canard est prêt à sa métamorphose en beau cygne. Corinne Maitrejean, Astrid Guyart et Ysaora Thibus ont réussi à propulser le collectif aux Jeux, une première depuis 1996. Et elles se sont apprêtées pour effacer une absence au tableau des médailles, depuis l’or de Pascale Trinquet en 1980. «Les filles ont souffert d’être dans l’échec quand cela souriait pour les autres armes, souffle Franck Boidin, l’ancien médaillé de bronze d’Atlanta qui a pris les rênes du fleuret féminin. Si ça sourit à Londres, on peut prétendre à deux médailles.»
Le challenge est immense. Face à elles, se dresseront à un moment ou un autre, une Italienne. Dont la grande prêtresse du fleuret, Valentina Vezzali, qui détient depuis Pékin le record de titres olympiques en escrime pour une femme, cinq dont les trois derniers ors individuels. Et un quatrième sacre individuel consécutif serait unique dans l’histoire de ce sport. Être celle qui empêchera le porte-drapeau de l’Italie d’entrer au panthéon prendra sa part d’éblouissante lumière. Franck Boidin veut y croire : «Corinne et Astrid, qui a battu à trois reprises Vezzali cette saison, sont passées au-dessus du complexe italien.»
Le contraste est frappant avec le judo qui, pour la première fois depuis 2000 et le doublé en or de David Douillet et Séverine Vandenhende, peut prétendre à un butin exceptionnel. Si la catastrophe d’Athènes (1 médaille) a été effacée à Pékin (4), Londres doit être le lieu de cette renaissance au sommet. Avec quatre champions du monde en titre, dont trois vrais patrons de leur catégorie, Teddy Riner (100 kg), Lucie Décosse (70 kg) et Gévrise Emane (63 kg), l’exigence ne peut être que d’or. Et si les «audacieux» en poids légers ouvraient la voie ce week-end, le judo (40 médailles depuis 1972) pourrait envisager effacer ses folles campagnes de Barcelone en 1992 (record avec 7 médailles dont 2 ors) et d’Atlanta en 1996 (record d’or, 3 pour 6 médailles).








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